02/08/2010

Rendez-moi H&M !!!

non non vous ne rêvez pas le titre est a prendre au sens littéral. Après plus d'un an passé au Chili je dois dire que je suis en sérieu manque modesque. Ici, rendez-vous compte y a même pas d'H&M et encore moins de Sephora. Chaque jour qui passe je lis les blogs de mode et je me sens de plus en plus déprimée de ne plus avoir accès à tout ça.

 

Alors oui, y a des magasins quand même faut pas non plus exagérer. Mais il faut voir quels magasins et quels vêtements ! Aujourd'hui lecteur, je vais te raconter comment se passe la mode au Chili. J'ai passé plus d'un an à observer les gens et comprendre comment le système marche, donc il est temps de montrer au grand jour mes découvertes.

 

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Pour t'habiller ici tu as plusieurs choix : les grands magasins, les malls, les fripes, le quartier chinois, les jeunes créateurs. Globalement, comme tu peux le voir sur la photo ci-dessus, c'est plus ou moins la mode des années 80 : couleurs criardes vives, coupes droites. Tu retrouves cette tendance un peu partout. Si tu as de l'argent, tu peux aller t'habiller chez Zara et Mango et d'autre boutiques de marques étrangères qui ne suivent pas cette tendance, donc là ça va. Mais si tu es comme moi, et comme 80% de la population, là tu es obligée d'aller là où c'est pas cher et donc là où c'est moche.

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Comme je suis très curieuse en général des jeunes créateurs, j'ai commencé à me renseigner en arrivant ici, et je dois dire que j'ai été bien déçue. Là où en France, jeune créateur signifie qualité, ici ça signifie vêtement mal fait, cher (par rapport aux matières et à la confection), et pour ma vision de la mode très très moche. A part une ou deux personnes qui font des choses de qualité, le reste est bon pour être estampé "made in china" : tissus médiocres, coutures qui se défont... Et je ne vous parle même pas de la manie qu'ils ont de mélanger les motifs genre tissu tapisserie (autre grande tendance venant sans doute remplacer celle du liberty) avec rayures ou autre.

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Donc voilà, j'en marre ! Je veux H&M et des beaux vêtements dans les vitrines. Des chaussures et accessoires à prix abordables, le stock André, kookai et cie, bref Paris !

27/02/2010

l'expatriation de l'extrème

Cette nuit à 3h34 du matin, on a enregistré un fort tremblement de terre au Chili. L'intensité était de 8,8 sur l'échelle de richter. Voilà ce qu'on peut lire partout dans les journaux et sur internet. J'ai une autre version : "putain ça bouge trop merde, on va mourir !" le tout entre couper de cris.

C'est au milieu de la nuit que je suis réveillée par des secousses. Bien que je commence à avoir l'habitude cela me réveille toujours. Ici les petites secousses sismiques sont très fréquentes (tous les mois) et durent quelques secondes. Mais cette fois-ci c'est différent. Cela ne s'arrête pas et le tremblement devient plus fort.

Il faut donc se lever et aller se mettre sous la table. Et là la vraie secousse commence. Pour moi qui n'avait jamais senti ça de ma vie, je suis en état de choc. C'est étrange ce qui vous passe par la tête dans ses moments là. On pense à son chat qui est je ne sais où dans l'appartement, à la TV qui tombe et qui nous a coûté cher. Je sens la peur je me mets à crier, comme si je pleurais mais sans larmes. Réaction du corps je suppose face au stress et à l'angoisse. Après c'est l'état de choc et l'angoisse qui ressort avec les secousses suivantes.

Mais finalement une des choses pires c'est l'après. Tout est coupé, on est dans le noir et on doit attendre que le jour de lève pour pouvoir voir les dégâts, qu'on nous remette l'électricité... On entend les sirènes et les hélicoptères tout le reste de la nuit. Malgré l'épuisement physique, je ne dors pas, me réveillant au moindre mouvement même infime. L'angoisse de la réplique. On a toujours le souvenir frais d'Haïti en tête.


Mon mec me dit de faire un sac avec l'essentiel, automatiquement je prend des vêtements (on se refait pas), les bijoux précieux... Je suis tellement sous le choc que je ne sens aucune émotions. Les répliques se succèdent plus ou moins fortes. Cela dure toute la nuit et même au moment où j'écris cela cela bouge toujours. Il y a eu une autre réplique plus forte. C'est comme de la torture mentale car on ne sait pas quand ça va finir, s'il va y avoir une autre grosse secousse. Je voudrais que ça s'arrête. Je me sens tellement nerveuse. On a été acheté de l'eau en bouteille, chargé tous les portables et autres. Au centre du pays c'est le chaos total. Que va-t-il se passer maintenant ?

21/01/2010

Paye tes élections au Chili

Elections_piege_a_cons-25b1c.jpg Diamnche dernier c'était les élections présidentielles au Chili lecteur. Ben ouais rien que ça tu vois et même que c'était le deuxième tour. Parce quel e premier il avait eu lieu en décembre dernier. Je ne t'en ai pas parlé car je voulais savoir la fin de l'histoire sinon ça fait trop de suspens et tout ça quoi. Alors au premier tour il y avait 4 candidats. Oui, je sais c'est pas beaucoup mais dit toi qu'ils sont pas nombreux au Chili (seulement 14 millions) alors je crois que c'est proportionnel. Dans les 4 candidats il y avait un qui était de la coalition de droite, un de la coalition de gauche, un socialiste pur et dur et un qui n'appartenait à aucun parti politique mais qui était centre droite plus ou moins dans ses idées. Surl es 4 il ne pouvais en rester que deux forcément et ce sont les deux grosses coalitions qui ont mangé les deux autres. Toujours la faute du plus fort quoi.

 

Mais le plus rigolo dans toute cette histoire ce sont les campagnes politiques et le fonctionnement des élections qui sont très différents de chez nous. Déjà dans les campagnes tu as une partie affiche et une partie à la TV. Pour les affiches tu vas me dire c'est comme en France mais non car ils ont des affiches partout dans la ville, sur les autoroutes etc. Et en plus de ça ils ont aussi des candidats en cartons le long des routes. Genre tu peux même te prendre en photo avec ton candidat préféré. La classe quoi ! Du coup c'est pas les décos de noël qu'on a eu nous mais celle de la campagne politique. Limite ils auraient pu en mettre dans le sapin de noël ils l'auraient fait. Et les campagnes télévisuelles alors là ça m'a laissé sur le cul (excuse moi de l'expression). Mais c'est pas du tout des trucs très institutionnel comme chez nous : il y a des sketches, des chansons pour chaque candidat, et quand même une petite partie institutionnelle. Ils diffusent ça à la même heure sur toutes les chaînes hertziennes et chaque jour la vidéo est différente. Celle du mec de droite était trop bien réalisée, avec une montagne de post prod et tout. Par contre celle des deux candidats indépendants étaient faites avec les moyens du bord. On voit qu'il y avait pas le même argent investi.

 

En ce qui concerne les élections en elles-mêmes, là tu as l'occasion de voir les restes de la dictature bien présents. Déjà, faut savoir que si tu es inscrit sur les listes électorales, t'es obligé d'aller voter sous peine d'amende. Imagine qu'à l'époque de la dictature c'était obligatoire d'être inscrit et tous ces gens là ne peuvent pas se désincrire bien sûr. Aujourd'hui du coup il y a beaucoup de jeunes qui ne s'incrivent pas car ils ne veulent pas se sentir obligé d'aller voter. Je trouve ça hallucinant car voter c'est un droit pas une obligation. Et le pire c'est le gouvernement en place qui fait parti de l'alliance de gauche et qui est au pouvoir depuis la fin de la dictature (enfin ici jamais ils parlent de la dictature ça reste toujours gouvernement militaire) n'a jamais changé la constitucion (qui date de la dictature). Et donc du coup le dimanche des électionspour être sûr que tout le monde va voter, tout est fermé. Mais quand je dis tout c'est tout. Genre les parcs municipaux pour aller courrir tu oublies direct. Et la veille tout ferme plus tôt et surtout les endroits où on vend de l'alcool qui doivent fermer à 18h30. Du coup c'est rigolo t'as tous les jeunz qui sont à la caisse avec des charriots remplis d'alcool.

 

Tout ça pour dire que j'ai eu en quelque sorte un choc culturel lecteur en étant confrontée à ça. Ça m'arrive souvent ici remarque. Beaucoup de choses que j'arrive pas à comprendre avec mon petit cerveau de française. Mais cela dit c'est une expérience sociologique intéressante pour moi.

11/12/2009

Les funérailles de Victor Jara

Victor Jara : obsèques populaires en chansons
Près de 5 000 personnes ont rendu, samedi, un dernier hommage au chanteur compositeur chilien Victor Jara, sauvagement assassiné par les hommes du dictateur Pinochet.


Voilà ce qu'on pouvait lire dans l'Humanité le 7 décembre. Moment historique pour le Chili après 35 ans de silence, on lui rend enfin les honneurs qui lui sont dus.

Il y a trente-six ans, le 18 septembre 1973, seules trois personnes, sans fleurs ni chants, enterraient Victor Jara. « C’est grâce à un fonctionnaire du registre civil qui a reconnu Victor Jara à la morgue, que son corps n’a pas été lancé dans une fosse commune et que Victor n’est pas devenu un des disparus de la dictature, souligne Gloria König, directrice de la fondation Victor-Jara.

Pour ceux qui ne savent pas encore qui est Victor Jara (à lire Victor Rala), voici la minute Wikipedia :

Víctor Lidio Jara Martínez (San Ignacio, région du Biobío, 28 septembre 1932 - Santiago, 16 septembre 1973) était un chanteur, auteur et compositeur populaire chilien.

Membre du Parti communiste chilien, il fut l'un des principaux soutiens de l'Unité Populaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne (Las Casitas del Barrio Alto, Ni Chicha Ni Limona), contestent la guerre du Viêt Nam (El Derecho de Vivir en Paz), rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines (Corrido De Pancho Villa, Camilo Torres, Zamba del Che), mais aussi au peuple et à l'amour (Vientos del pueblo, Te recuerdo Amanda).

Arrêté par les militaires lors du coup d'État du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé à l'Estadio Chile (qui se nomme aujourd'hui Estadio Víctor Jara) puis à l'Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s'abat alors sur Santiago. Il y écrit le poème Estadio de Chile qui dénonce le fascisme et la dictature. Ce poème est resté inachevé car Víctor Jara est rapidement mis à l'écart des autres prisonniers. Il est assassiné le 15 septembre après avoir eu les mains brisées à coup de botte et de crosse de fusil[1].


Tout ça pour vous raconter que moi aussi j'y étais à ses funérailles et ça fait tout drôle de vivre un moment d'histoire important du pays où l'on habite, qui n'est pas le vôtre. Il paraît qu'il y avait 5000 personnes selon les médias mais moi j'ai plus l'impresssion qu'il y avait bien plus que ça. J'ai rarement vu les rues noires de monde ici (les manifs c'est pas trop leur truc), alors voir toutes les générations se réunirent pour l'enterrement d'un mec mort il y a 35 ans... Il faut savoir en plus qu'ici il y a encore des gens pro-pinochet qui refusent qu'on prononce le mot dictature. C'est pour cela que j'ai trouvé très beau et très émouvant ces funérailles qui ont duré trois jours. Trois jours de fête et de musique à l'image de celui qu'on enterre pour la seconde fois.

Je vous mets quelques photos dont moi avec le fameux oeillet rouge de circonstance.Et vous vous avez déjà fait partie de l'histoire d'un autre pays ?

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