12/05/2010
L'interview créateur : Un après midi de chien
Certains d'entre-vous ont peut-être vu passé sur facebook, en coup de vent, une interview que j'ai faite aux créateurs de la marque "Un après midi de chien". J'ai connu cette marque avant de partir au Chili, quand j'étais à la recherche d'un sac. J'ai eu un gros coup de coeur en regardant tous leurs modèles d'une très bonne qualité. Après une meilleure coordination avec eux, voici donc la fameuse interview.

Un après-midi de chien qu'est-ce c'est ? Quelle est votre offre et votre concept ?
Un après-midi de chien est un projet de mode en sédition avec son temps (les années ’80 quand nous avons commencé !) plutôt iconoclaste, qui voulait ouvrir de nouvelles portes à côté de l'establishment de l’époque : le prêt-à-porter d'un côté, les créateurs et couturiers Luxe de l'autre.
Sans prétention aucune, entre les années 1985 et 1999, je crois qu'on y a assez bien réussi avec nos créations mélangeant ce que l'on appelle aujourd'hui le « bohème chic », le « Vintage chic » ou le « hippy chic » avec l'élégance (couture ou pas) des années 30, 40, 50 et 60 : un brin d'uniforme, un soupçon de romantisme à la David Hamilton, une pincée de sexy et surtout beaucoup de fraîcheur avec nos robes de petites filles restées du côté d'Alice.
De 1987 à 1995 notre offre en distribution était exclusivement du vêtement : jupe, robe, veste, pantalon, maille....
Beaucoup de presse rédactionnelle, un très bon succès national et international : Italie, Angleterre, Norvège, Japon, USA, Hong Kong… Les meilleures boutiques de ces pays ont acheté nos créations.
A partir de 1995, nous avons créé nos premiers modèles de sacs avec la même idée d'apporter une nouvelle vision à côté des fabricants installés : d'un côté le luxe BCBG et de l'autre, la maroquinerie traditionnelle. Parallèlement, nous avons contribué à faire naître le sac « sport-chic » pour la ville à la fois « casual » et élégant, symbole d’une certaine « Parisienne », d’une femme qui vise le pratique sans négliger le style.

Comment est née la marque ?
D'une rencontre entre Martine Anjorand et Alain Marzat, autodidactes animés d'une même passion pour la mode et les vêtements. Amoureux de l'élégance passée, du vestiaire de ses couturiers et de leurs icônes : Grace Kelly et ses tailleurs ; Ginger Rogers et ses robes cocktail ; Audrey Hepburn en Givenchy ; BB et ses robes imprimées… Visionnaires au présent, toujours dans la modernité. Et d'un futur qui s’est toujours révélé probant ! Concernant nos créations, ce passé est seulement le point de départ de l'idée, son parfum. Tout est rafraîchi, reconstruit, adapté ensuite pour vivre avec cette idée au présent.
Pourquoi choisir ce nom ?
Ce nom est symptomatique de la fin des années 80 : les expressions utilisées en tant que marque étaient dans l'air du temps. Pensez à : Comme des Garçons, Un dimanche à Venise, Drôles de choses pour drôles de gens...
Un après-midi de chien est venu comme ça.
Martine avait un chien, un American Cocker Spaniel du nom de « Larry Master of Merrily » et a scellé le nom définitif de notre marque.
Puis ce nom nous fait rire parce qu'il ne veut rien dire dans la mode ; en même temps, tout le monde semble le connaître et s'en amuser. Nous lui avons même trouvé un second degré de lecture : il pleut dehors alors on se love chez soi, sur des coussins moelleux et des peluches toutes douces, on se laisse aller à la rêverie… So romantic, isn't it ?

Pouvez-vous m’en dire plus sur vos lignes « Collector » ?
Les lignes « Collector » sont constituées de pièces produites volontairement en séries limitées ou bien d'articles de collection qui n'ont jamais été produit en série. Ou bien encore, d'anciens modèles à succès qui ne seront plus fabriqués.
(Mon coup de coeur : les bostons rocky, un clin d'oeil à leur mascotte dont la silhouette est faite de clous metalliques sur le devant du sac.)

Que pensez-vous de la création française dans le domaine de l'accessoire ? Ne voit-on pas toujours les mêmes choses ?
C'est souvent le cas dans le milieu de gamme car les « fabricants » vont chercher en gros, leur inspiration dans les magazines de mode (pubs et rédactionnel), les défilés et n’étirent pas leurs idées au-delà. Ils re-digèrent plus qu’ils ne s’inspirent.
La plupart des consommatrices en tant que lectrices de ces mêmes supports presse, n'achètent que ce qu'elles y voient, que ce dont « on » parle.
Le milieu de gamme est un vaste marché où la création, la communication et la consommation sont étroitement liées, très dépendantes les unes des autres. D’où ce manque de singularité, d’originalité peut-être.
Dans le luxe, nous pensons que la création Française tient bien son rôle : voyez LV, Balenciaga, Chloe, Chanel, Hermes ... Il y reste pas mal d'innovations.

Comment voulez-vous faire évoluer votre marque ?
Le côté « casual chic » de nos premiers succès a été trop copié par le bas du marché et vulgarisé en masse, de qualité moyenne avec un usage franchement limité dans le temps. En conséquence nous l’avons abandonné.
L’évolution d’Un après-midi de chien va s’attacher à retrouver de plus en plus cette personnalité si particulière, notre signature qui mine de rien, est parfaitement reconnaissable et ce, sans communication précise sauf le bouche-à-oreille : au Japon, ils appellent cela la « rumeur ».
Nous avons toujours envisagé nos produits au gré de nos inspirations, nos envies et notre instinct. La maturité aidant, nos collections prennent toujours plus de caractère, se sophistiquent, deviennent plus élitistes aussi. C’est ce qui les rend si différents sur le marché.
17:25 Publié dans blabla tendances et mode | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : un après midi de chien, sacs en cuir, tendance, mode, marque créateur








